Quand les familles violaient les tombes militaires (Jean Guisnel)

Haut lieu de la mémoire nationale, la tombe du soldat inconnu demeure un passage obligé pour toutes les grandes cérémonies patriotiques. Depuis janvier 1921, elle accueille, sous l’Arc de triomphe de l’Étoile, le corps d’un soldat anonyme relevé sur le champ de bataille de Verdun. La sacralisation de la mort et les rites qui entourent l’hommage rendu aux soldats défunts demeurent une nécessité sociale absolue, ne serait-ce que pour convaincre les survivants de l’utilité du sacrifice d’une vie précieuse. Le sujet a beau être difficile, le dernier numéro de la Revue historique des armées, titré La Mort, l’aborde sous un angle scientifique.

Dans sa présentation, l’historien Stéphane Audoin-Rouzeau rappelle l’incongruité de ces disparitions prématurées : « Le combat signifie globalement la mort des jeunes hommes : à ce titre, la guerre inverse de façon dramatique l’ordre habituel de la succession des générations », provoquant « un choc psychique d’une gravité exceptionnelle ». Arrêtons-nous, à ce propos, sur l’un des articles de ce numéro, signé par Béatrix Pau, et titré La violation des sépultures militaires, 1919-1920. L’auteur décrit un phénomène étonnant, consécutif à l’inhumation dans des cimetières militaires des soldats tués au combat. Dans les années suivant la guerre, de très nombreuses familles se sont livrées à des exhumations sauvages, pour ramener les corps dans les cimetières communaux.

Naturellement, l’opération était absolument interdite, et….

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