Jacques Lanxade et Henri Bentégeat sont féroces avec la réforme de la gouvernance des armées de Le Drian et de Hollande. Ils l’écrivent noir sur blanc.
La dernière livraison du Casoar, la revue trimestrielle de la Saint-Cyrienne, l’association des anciens de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, consacre un épais dossier à la relation entre le politique et le militaire. Parmi les multiples contributions, deux retiennent particulièrement l’attention : celles de deux anciens chefs d’état-major des armées (Cema), l’amiral Jacques Lanxade (Cema d’avril 1991 à septembre 1995) et le général Henri Bentégeat, qui prit son poste onze ans après lui (d’octobre 2002 à octobre 2006).
Si on se souvient que ces deux cadres militaires furent chacun chef de l’état-major particulier du président de la République (le premier avec François Mitterrand, le second avec Jacques Chirac) avant de prendre leurs fonctions, on conviendra qu’ils sont effectivement à même d’évoquer cette relation complexe. D’autant plus qu’ils sont tous deux demeurés des observateurs attentifs de la vie des armes et de leurs relations avec le pouvoir. Aujourd’hui rangés des voitures, ils n’ont pas la plume dans la poche…
« Ingérence des cabinets »
On sait que les armées ne vivent pas aussi placidement qu’elles le prétendent la conduite rênes courtes des affaires opérationnelles par le cabinet du ministre de la Défense. Le rôle du Cema a été réduit par la réforme récemment mise en place, et Jacques Lanxade, qui ne passe pas pour un excité, conteste deux évolutions majeures en écrivant : « Il est légitime que le ministre de la Défense soit impliqué dans la gestion des crises, mais sous la réserve, tant que la Constitution n’aura pas institué un régime présidentiel comme aux États-Unis, que ceci ne porte pas atteinte au rôle du Cema, qui doit demeurer responsable vis-à-vis du président de la conduite des opérations. »
Et d’enfoncer le clou : …
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