Quand l’armée française tait les violences sexuelles faites aux femmes (Par Léa Baron)

Une enquête publiée par deux journalistes françaises met en lumière l’omerta qui existe dans l’armée française autour de violences sexuelles subies par les femmes. Face à ces révélations, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a diligenté une enquête interne. Hasard du calendrier, le tribunal de Nantes a suspendu le 10 mars 2014 la démission d’une militaire contrainte de quitter l’armée après avoir été filmée à son insu sous la douche.

« La grande muette ». L’armée n’aura jamais aussi bien porté ce surnom. Dans ses rangs, au sein de la hiérarchie et jusqu’au ministère de la Défense français : motus et bouche cousue sur les humiliations, les insultes, les allusions sexuelles récurrentes et les viols. C’est pour briser ce silence, cette omerta, que les journalistes Leila Minano et Julia Pascual ont publié (coédition Causette et les Arènes) le 27 février 2014 une enquête-livre « La Guerre invisible » menée pendant deux ans sur les violences sexuelles subies par les femmes dans l’armée française et ainsi appelée en référence à un documentaire éponyme américain sur les sévices subies par les femmes dans l’armée américaine.

La lecture en est redoutable, consternante, quand on lit que les victimes doivent souvent quitter l’armée, ou sont mutées, mais restent toujours humiliées, affaiblies psychologiquement alors que les agresseurs, eux, restent en poste ou en trouvent parfois un autre toujours au contact des femmes ! Les forces militaires françaises sont donc éclaboussées après celles des Etats-Unis ou de l’Allemagne, où la Bundeswehr est pourtant aujourd’hui sous le contrôle d’une femmes, la ministre de la Défense Ursula von der Leyen.

L’enquête de ces deux journalistes a provoqué une réaction du ministre des armées Jean-Yves Le Drian.Il a demandé le 27 février 2014 l’ouverture d’une enquête interne .

« On sait que cette déclaration est un premier pas, certes, mais il trouve très très vite ses limites, nuance Leïla Minano, l’une des deux auteures de l’enquête La Guerre invisible. C’est une investigation qui est menée en interne par des militaires en trois semaines pour traiter d’un sujet sur lequel l’armée n’a jamais travaillé…ça nous pose question. » (Lire l’interview complète des deux auteures ci-dessous)

Féminisation forcée

Le travail des deux journalistes qui traite d’une cinquantaine d’affaires vient combler une lacune en France : aucun rapport n’existe sur les agressions sexuelles subies par les femmes alors que les « féminines », comme elles sont appelées dans l’armée, forment 15 % des effectifs militaires français. Le taux le plus important d’Europe en 2013 devant le Royaume-Uni (9,7%) et l’Allemagne (9,1%), comme le soulignent les auteures. …

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