Carcassonne. Comment ils ont arnaqué l’armée (Bruno Huet)

Le parquet de Marseille a ouvert une information judiciaire visant des sociétés de déménagement qui auraient surfacturé certaines de leurs prestations au Ministère de la Défense. Des légionnaires, ainsi que des marsouins carcassonnais ou castrais auraient également bénéficié de «cadeaux».

Surfacturations, rétro-commissions et autres petits arrangements, le vaste marché du déménagement des militaires vers l’outre-mer est, depuis deux jours, dans le collimateur du parquet de Marseille, qui vient d’ouvrir une information judiciaire contre X. À l’origine de cette affaire : un homme, Marcel Barthélémy, le gérant de la société Castel Dem. Lorsqu’en 2007, il rachète avec son épouse la société Clarac où il investit toutes ses économies, le marché est florissant. Mais trois ans plus tard, tout s’effondre sans raison apparente. «En 2009, explique son avocat, le bâtonnier Stéphane Cabée, mon client avait réalisé un chiffre d’affaires de 617 000 € rien qu’avec les militaires dont 367 000 € réalisés vers l’Outre-mer». En 2012, le CA militaire tombe à 107 000 €. Depuis le 11 juin dernier, Castel Dem est en redressement judiciaire. Marcel Barthélémy s’interroge. Ses tarifs sont parmi les plus bas du marché. Mais cela ne suffit pas. Ce sont ses commerciaux qui vont lui apporter un début de réponse. «Mes commerciaux, explique le patron de Castel Dem, m’ont dit qu’en n’offrant pas de cadeaux, nous n’aurions pas les marchés». Mais Marcel Barthélémy ne veut pas y croire jusqu’à ce jour où un militaire lui avoue : «Vous n’êtes pas assez dynamique, un de vos concurrents m’offre 750 €».

Le 1er août 2012, Marcel Barthélémy dépose plainte auprès du procureur de la République de Carcassonne. Le 6 septembre 2012, Antoine Leroy a transmis l’affaire au parquet de Marseille. Le 1er octobre 2012, le patron de Castel Dem décide d’informer directement le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, en lui adressant un courrier.

L’enquête qui semblait au point mort s’est soudainement accélérée, lorsqu’à la fin du mois d’avril, à 20 000 kilomètres de la métropole, les gendarmes de la section de recherches de Nouméa ont perquisitionné les bureaux de deux entreprises de déménagement. Parmi les huit cents dossiers examinés par les enquêteurs, «deux cents seraient positifs».

«Un système mafieux»

Coïncidence ou pas, le parquet de Marseille s’est empressé de nommer un juge d’instruction. Selon les premiers éléments recueillis par les gendarmes de la section de recherches des Bouches-du-Rhône, trois sociétés marseillaises sont soupçonnées d’être au cœur de cette escroquerie présumée. Le principe est assez simple. Une fois fixé le cubage réel des meubles et autres affaires personnelles à expédier par voie maritime, le déménageur produit un devis faisant apparaître un volume plus important et donc un tarif de prestations bien supérieur. «Selon nos informations, explique Me Cabée, les militaires doivent produire un autre devis. Mais les sociétés incriminées le proposent d’elles-mêmes». Dès lors,…

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