tribunal correctionnel de montpellier
A partir de demain et pendant trois jours se déroule à Montpellier le procès du 3e RPIMa. Près de cinq ans après la fusilladeaccidentelle dans laquelle 19 personnes ont été blessées.
Attendu depuis trop longtemps, le procès du 3e RPIMa s’ouvre demain devant le tribunal correctionnel de Montpellier(1). Sept militaires devront expliquer comment et pourquoi la seconde journée des portes ouvertes du régiment s’est achevée, le 29 juin 2008, par un drame.
Les faits sont simples. En ce dimanche ensoleillé, vers 17h30, les spectateurs assistent à une utlime démonstration du «3» venant clore deux jours pendant lesquels les paras ont mis en avant leur savoir-faire. Le scénario consiste à «exfiltrer» des otages détenus par un groupe «hostile». C’est le boulot de quelques marsouins d’élite : les GCP (Groupe commando parchutiste). Tandis que quatre hommes libèrent les otages, deux autres soldats sont chargés de protéger la fuite du groupe et, le cas échéant, de neutraliser les preneurs d’otage.
Dans ce cadre très précis et pourtant «joué» à trois reprises durant le week-end, l’un des marsouins, le sergent Nicolas Vizioz était chargé d’assurer la couverture en faisant usage de son fusil d’assaut, chargé à blanc. Du moins le pensait-il.
Le sergent Vizioz demandera pardon aux victimes
En réalité et par erreur, le jeune sergent – il avait 27 ans à l’époque – a engagé dans son Famas un chargeur contenant des munitions de guerre. Il est déjà trop tard.
A l’instant où les premiers coups de feu éclatent, seize personnes s’écroulent, touchées par des éclats de balle. Dans les jours qui suivent l’accident, une partie de la lumière est faite. Nicolas Vizioz avait conservé sur lui un chargeur contenant des balles réelles, à l’issue d’un exercice de tir. Et reconnaissait immédiatement son erreur. Mais comment un militaire, bien noté par sa hiérachie, a-t-il pu commettre une pareille faute ? La question de la gestion des munitions de guerre au sein de la caserne Laperrine sera bien entendu au centre du procès (lire par ailleurs). Tout comme celle des manquements dans l’organisation de la manifestation, qu’on ne peut imputer au sergent Vizioz.
Les victimes, elles, attendent ce moment du procès pour obtenir enfin réparation. Et, comme le disait Valérie, l’une d’entre elles dans notre édition d’hier, pour mettre un visage sur celui qui a tiré, ce 29 juin 2008 : le sergent Nicolas Vizioz. Son avocat, Me Jean-Robert Phung nous a confirmé hier qu’il serait présent à l’audience. «Il veut être là parce qu’il le doit aux victimes à qui il demandera pardon, et parce qu’il le doit au tribunal. Il assume sa faute. Depuis le premier jour».
(1) Bien que l’accident se soit produit à Carcassonne, seul le parquet de Montpellier est compétent pour les affaires militaires, d’où le renvoi devant cette juridiction.
La gestion des munitions au centre des débats
L’instruction a mis en évidence une singulière pratique au sein du régiment carcassonnais. Les munitions non consommées lors des exercices à balles réelles n’étaient tout simplement pas remises à l’armurerie. C’est ainsi qu’au cours d’une perquisition, plusieurs centaines de munitions ont été découvertes dans des locaux non sécurisés.
L’enquête a montré que de nombreuses munitions étaient irrégulièrement stockées, «dont six caisses renfermant 5200 munitions de guerre calibre 5.56 en vrac», note le parquet. 200 kg de balles «économisées» lors d’exercies de tir depuis plus de cinq ans par les membres du commando.
Ces munitions étaient stockées dans un dépôt clandestin, ce qui permettait aux militaires de…..
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